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Dossier Spécial Election Présidentielle - Les Réponses de Dominique Voynet
Réponse de Dominique Voynet candidate des Verts à l’élection présidentielle 2007 au magazine ideomag
1 - En tant que candidate à l’élection présidentielle, à quel point vous sentez-vous concernée par les questions écologiques ?
En tant que verte, non seulement, je me sens particulièrement concernée mais en plus j’ai franchement l’impression d’être la seule à m’en préocupper vraiment et de façon constante. D’abord parce que ce n’est pas une dévouverte récente pour moi (cela fait plus de vingt ans que j’agis pour l’écologie). Ensuite parce que le “contrat écologique”, que je propose aux Français pour cette élection présidentielle, met l’ensemble des propositions dans tous les domaines d’action politique en cohérence avec une démarche écologiste.
2 - Pourquoi avez-vous signé le Pacte écologique de Nicolas Hulot et quelles sont vos relations avec lui ?
J’ai bien évidemment signé le Pacte écologqiue de Nicolas Hulot et logiquement, j’aurais même dû être la seule candidate à le faire puisque les autres signataires se sont empressés d’oublier leur engagement ! Mon slogan de campagne “la révolution écologique” montre à quel point l’écologie est au coeur de mes préoccupations.
Nicolas Hulot est un ami et je trouve utile qu’il veuille utiliser sa grande popularité pour alerter sur l’urgence qu’il y a à agir et à changer profondément à la fois nos comportements individuels et les décisions politiques.
J’ai apprécié qu’il salue le travail des Verts, hier lorsque j’étais ministre de l’environnement, aujourd’hui avec les centaines d’élus locaux qui ne se contentent plus de proposer et agissent. Comme Nicolas Hulot l’a dit à plusieurs reprises, les élus Verts ont apporté la preuve que l’on pouvait obtenir des résultats concrets et importants si on faisait preuve d’un peu de persévérance, de constance et de cohérence dans les choix politiques.
http://blog.voynet2007.fr/index.php?2007/01/31/143-ma-reponse-a-nicolas-hulot
3 - Quelles seront, si vous êtes élue, les trois premières mesures concrètes et immédiates que vous prendrez pour réduire les émissions de CO2 ?
Si je suis élue, je proposerais de mettre en oeuvre très rapidement les trois mesures suivantes :
- mettre en place un moratoire sur les autoroutes
- créer une vignette auto sur le modèle du « bonus-malus » : prime “bonus” pour l’achat de petits véhicules propres et taxe “malus” pour les gros véhicules polluants (grosses cylindrées, 4×4…)
- aider à l’isolation de 500 000 logements anciens par an et rendre obligatoires les critères « Haute Qualité Environnementale » pour les constructions neuves pour réduire la facture énergétique des ménages de 25% en 5 ans. Ainsi que procéder à l’équipement d’un million de bâtiment en panneaux solaires en cinq ans.
4 - Comment concilier l’écologie et des enjeux sociaux comme le chômage, la question des retaites, etc… ?
Pour moi, l’écologie et la solidarité sont indissociables : il ne peut pas y avoir de progrès social valable si on continue à dégrader la planète et il ne peut pas y avoir de protection de la nature et de l’environnement sans solidarité. On le voit bien aujourd’hui : ce sont souvent les mêmes qui sont au chômage et vivent dans des immeubles dégradés où il y a du saturnisme. Ce sont les ouvriers qui sont les premières victimes de l’amiante. Aux injustices sociales viennent trop souvent s’ajouter les injustices environnementales. L’écologie aujourd’hui, c’est de l’emploi ! Convertir l’économie à l’écologie, cela veut dire créer des centaines de milliers d’emplois nouveaux dans les nouvelles éco-industries : des énergies renouvelables au recyclage en passant par les nouveaux matériaux de construction ou les moteurs propres, les exemples ne manquent pas. Sans compter les emplois que nous voulons créer dans le bâtiment en soutenant l’isolation des logements (pour réduire les factures de chauffage des ménages) ou les recrutements qu’il faudra faire dans les transports en commun si on applique notre programme. Ces emplois ont par ailleurs un immense avantage : ils sont durables et non-délocalisables.
5 - Envisagez-vous de soutenir au deuxième tour des candidat(e)s qui ont signé le pacte écologique de Nicolas Hulot du bout du stylo et qui ne placent plus aujourd’hui l’écologie comme un thème de campagne majeur ?
Pour qu’un-e candidat-e du deuxième tour intègre les préoccupations écologistes, le plus sûr moyen c’est encore que l’écologie ait rassemblé beaucoup de voix au premier tour. Voter au premier tour pour ma candidature, c’est la meileure garantie ! Je soutiendrai Ségolène Royal (Sarkozy, ce n’est même la peine d’en parler compte-tenu de son programme régressif dans tous les domaines) si elle s’engage sur un contrat de gouvernement qui intègre les principaux points de mon “contrat écologique”.
6 - Les améliorations écologiques de la construction sont au coeur de beaucoup débats (isolation, chauffage, consommation d’énergie…).
Comment expliquez-vous qu’il soit si difficile d’obtenir des permis de construire pour un grand nombre de projets d’éco-construction ?
Envisagez-vous, si vous êtes élu, de faire quelque chose pour changer les mentalités des architectes missionnés par l’Etat Français et les rendre plus “souples” en la matière ?
Le logement est pour moi une priorité. Il faut en construire davantage si on veut répondre à la demande de logements sociaux ou tout simplement à la demande des classes moyennes de pouvoir se loger à un prix abordable, que ce soit en locatif ou en accession à la propriété. Mais il faut que ces logements soient tous “Haute Qualité Environnementale”. Il est possible aujourd’hui de construire des appartements ou des maisons qui consomment très peu d’énergie et avec des matériaux sains. La loi doit imposer des normes strictes. Mais il faut aussi que tout le monde s’y mette : élus locaux qui accordent les permis de construire, architectes, constructeurs, artisans du bâtiment… Pour cela, il faut former et informer, le grand public comme les professionnels..
7 - Enfin, Madame Voynet, quels sont les gestes que vous réalisez au quotidien pour aller dans le sens de l’éco-citoyenneté ?
Cela me fait plaisir que vous posiez cette question car je suis très attachée à ce que mes actes soient en cohérence avec mes idées. Pour donner juste quelques exemples, je peux vous dire que, habitante de la banlieue parisienne, je me déplace essentiellement en transports en commun. Pour ma campagne, j’utilise le train et non pas des avions privés comme plusieurs de mes concurrents. Et lorsque je prends ma voiture, je tiens à préciser qu’il s’agit d’une petite voiture non polluante (une Twingo roulant au GPL). Je suis aussi très attentive au tri des déchets. Le recyclage est pour moi une évidence tellement je déteste le gaspillage !
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